dimanche 22 février 2015

Du perfectionnisme.



   Il est des projets vraiment importants pour soi. Le concept de base nous fascine, les personnages nous passionnent, la trame est claire dans notre tête. Et pourtant, on cale pendant l'exécution, on doute de son écriture.

   Quand je relis certains passages réécrits plusieurs fois, je me dis parfois que ce n'est vraiment pas gagné. Qu'à cela ne tienne, je reprends tout ça calmement : quel est le problème ? Quelles sont les pistes d'amélioration ? Quelle solution j'ai envie de mettre en oeuvre ?

   J'avance un pas après l'autre, mais à force de voir cette question répétée (même parfois sur des morceaux retravaillés avec cette méthode), j'en viens à me demander :


   Fluffy a peut-être développé le concept de base, mais ai-je de quoi le faire tourner en HD ? Et si cette idée était au final "gâchée" avec moi ? Quelqu'un d'autre n'arriverait-il pas à un meilleur résultat ? À donner à cette histoire toute l'ampleur qu'elle mérite ?




Artiste : http://zillabean.deviantart.com/

Fluffy : C'est bon, je t'ai donné l'idée alors maintenant vas-y, écris ! Écris, te dis-je ! ÉCRIIIIIIS !

Auteur : On n'avait dit plus de nourriture excitante...


mercredi 4 juin 2014

Quand je reprends un vieux projet.

Quand déjà ça fait un an que je n'ai pas ouvert le fichier :






Et que soudain en lisant je me souviens pourquoi j'ai abandonné la V3 en cours de route :






Et que je ne sais pas par où commencer de peur de me faire submerger :




lundi 26 mai 2014

De l'expérience d'être un asticot.


   Si vous avez un personnage qui se fend d'une ultime introspection en sautant d'un immeuble/rempart/autre vers une mort prochaine, je vous arrête tout de suite. Ça ne fonctionne pas pour l'immense majorité des gens. Je le sais, j'ai essayé le saut à l'élastique.
   C'était hier.

*Flashback sur fond de musique dramatique*

    Nous arrivons sur place et par un sentier escarpé, rejoignons le haut d'un pont roman en vieille pierres qui culmine à 40 mètres du sol. L'équipe sur place prend notre réservation, puis on nous pèse. Pour une raison qui m'échappe encore, je décide de passer devant.
 

dimanche 22 décembre 2013

Le premier jet ou le début de la fin.

    J’ai fini il y a maintenant deux semaines le premier jet de Reyk.
    — Oink, oink ! a fait Fluffy, ravi.
   Il s’est allongé sur la glace, a replié ses pattes sur son ventre duveteux et m’a lancé un regard larmoyant avec ses yeux en bouton de bottine, du genre « j’ai bien travaillé, je peux dormir maintenant ? ».


   Que nenni.
   C’est après le premier jet que tout commence.

   Dans mon cas, j’ai un peu moins de 400k sec de péripéties mal écrites et très condensées. Oui, Fluffy est une Muse à tendances déménageur du dimanche : il laisse tomber un gros paquet de signes d’un coup, comme un couperet, plutôt que de tisser patiemment les mots. C’est à bibi d’étirer tout ça, d'aérer les actions, d’ajuster les fils de l'intrigue, de les teindre pour que leur couleur corresponde bien au récit et qu'ils se fondent dans le décor, ah et aussi de broder ces mêmes décors.

   Et si le fond ne vous a pas déjà essoufflé, la forme s'en chargera. Le style ne doit pas être trop lourd, les phrases trop hachées, il faut que le rythme s'accélère ou ralentit pour coller à la scène. Ajouter des descriptions mais ni trop, ni trop peu afin de créer la bonne atmosphère. Les dialogues doivent également "sonner vrais", et il faut faire attention à ce que le lecteur s'imagine la scène comme il faut (c'est bête un lecteur) tout en lui distillant des informations pour l'intéresser, mais pas trop non plus sinon il devine la fin (c'est malin un lecteur).

   Bref.
   Le plan d’action pour Reyk ?
 
   Tout d’abord, pendant que j’accorde une sieste à mon phoque préféré, je revois les personnages. J’ai un peu foncé avec des bases parfois branlantes (voire agrémentées de gros trous autant être honnête). Or pour chacun d'entre eux, ça prend plusieurs heures de recherche, parce que ce n’est pas moi qui connais leur passé. Non, je l’apprends dans des livres d'histoire ou sur internet en croisant les informations pour vérifier leur véracité et en tirer leurs traits de caractère.
   Dit comme ça, ça a peut-être l’air chouette. En pratique, ça file vite mal à la tête.

   Dans un second temps, ça m’intéresserait de revoir un peu toute la symbolique de l'ensemble, les concepts, la prémisse, bien cadrer les idées que je veux faire passer, grâce notamment à une partie de la méthode Truby.

   Ensuite, refaire un synopsis en ciblant le but de chaque chapitre.

   Étape 4 : filer un coup de coude à Fluffy pour qu’il se relève et qu’il reste à mes côtés tandis que j’aborde les véritables corrections : réécrire les scènes, rajouter de la matière, des sensations, bref, tout ce qui fait l’intérêt d’une histoire.

   On verra déjà combien de temps tout ça prend avant d’aviser pour la suite.

   Et pour ceux que ça intéresseraient, le très utile site Espaces comprises, a publié pas mal d'articles sur les corrections, dont celui-là.